Courrier des avocats de la famille d'Eric de Putter à M. Hollande

Monsieur Ie Président de la République,

J'ai l’honneur de vous écrire en qualité de Conseil de Madame Pieternella JACOBA née OVERDULVE épouse de PUTTER, Monsieur Jean de PUTTER, Madame Marie-Alix de PUTTER, Monsieur Loic de PUTTER et Monsieur Yann de PUTTER, parents, veuve et frères de Monsieur Eric de PUTTER, assassine a Yaoundé Ie 8 juillet 2012.

Monsieur Eric de PUTTER résidait au CAMEROUN depuis 2 ans et travaillait en tant que volontaire de solidarité internationale auprès de l'Université protestante pour l'Afrique centrale (UPAC) de YAOUNDE en vertu d'un contrat de volontariat de solidarité internationale signe Ie 14 juillet 2010 avec Ie DEFAP - SERVICE PROTESTANT DE MISSION afin d'occuper Ie poste de Professeur de sciences des religions. Le contrat avait débuté Ie 1er septembre 2010 et devrait prendre fin Ie 31 aout 2012. Son épouse, Madame Marie Alix de PUTTER I'avait rejoint au CAMEROUN au mois d'octobre 2011.

Le 18 juillet 2012, une information judiciaire a été ouverte en France par Ie Procureur de la République de PARIS du chef d'assassinat.

Nous sommes évidemment en contact, depuis I ‘ouverture de I ‘information, avec les magistrats instructeurs successifs, Madame Virginie VAN GUEYTE ayant succédé a Madame Camille PALLUEL initialement désignée pour instruire sur ces faits.

La famille de PUTTER a effectué un certain nombre de démarches auprès des autorités françaises et des correspondances ont été échangées, notamment avec Monsieur Laurent FABIUS, Ministère des affaires étrangères.

Aujourd'hui et depuis maintenant de nombreux mois, les investigations sont tout simplement bloquées par I ‘impuissance dans laquelle se trouve Ie magistrat instructeur d'obtenir Ie moindre signal des autorités camerounaises lui permettant d'espérer que puisse s'exécuter la commission rogatoire internationale qu'iI a délivrée, soit par délégation aux services de police français, soit directement.

II est impératif que Ie magistrat instructeur puisse d'une part rencontrer évidemment son homologue camerounais qui, cependant, ne semble pas vouloir répondre à ses sollicitations, et qui instruit sur les mêmes faits et, d'autre part, puisse procéder ou/et faire procéder à I ‘audition de témoins et suspects.

II apparait qu'il existe un environnement dans ce dossier, qui serait à la fois à I ‘origine de I ‘assassinat de Monsieur Eric de PUTTER mais qui, en même temps, expliquerait simultanément la chape de plomb qui continuerait à peser et qui compromettrait ainsi l'émergence de la vérité et I ‘identification de toutes les responsabilités, notamment les éventuels donneurs d'ordre.

Le magistrat instructeur a réitéré à plusieurs reprises, en vain, les relances aux fins de voir exécutés cette commission rogatoire internationale.

A ce stade, seul un déplacement du magistrat instructeur français au CAMEROUN pourrait permettre de faire avancer les investigations et donc de faire émerger la vérité sur Ie décès de Monsieur Eric de PUTTER.

Alors que vous vous apprêtez à vous rendre au CAMEROUN pour y rencontrer Monsieur Ie Président Paul BIYA, la famille de Monsieur Eric de PUTTER espère que cette situation pourra être évoquée et les investigations du juge d'instruction français facilitées,

Vous remerciant de I ‘attention que vous voudrez bien porter aux termes de la présente,

Je vous prie d'agréer, Monsieur Ie Président de la République, I‘expression de ma très haute considération.

Apolline CAGNAT
Pour William BOURDON